Zou

Gladys Nonleme

Une inventivité délirante, une habileté certaine et l’originalité avec laquelle il aborde ses sujets, sortent de l’ordinaire un étal de matériaux de récupération.

Dans la cour, des bouts de bois de couleurs variées, des branches, des brindilles, coiffés de métal, chaussé et portant divers accessoires, créent une foule de personnages pleins d’humour et attendrissants qui ressemblent étrangement aux individus qu’on croise tous les jours. Dans l’atelier, douilles, poêles, grillages, rouages divers, peaux d’animaux, lampadaires, réinventent les masques traditionnels et renforcent la certitude que l’imagination n’a pas des limites et la foi dans l’esprit créateur.

Un temple zangbeto (gardien de jour dans l’imaginaire vodun) – cornes de bœufs en guise de bras, masque gélédé en guise de tête, masque à deux visages, déguisement dédoublé – induit un brin d’œcuménisme par son analogie avec le dieu Janus de la mythologie grecque et son effet de ressemblance avec le dieu Vishnu, deux bras en moins. Une porte découpée dans les cannettes représentant le temple, invite à pénétrer, transforme la sculpture en installation.

Le travail de Gladys Nonleme nous invite à franchir le seuil de l’inconnu, d’une religion, ou d’une culture, à la rencontre de l’autre, tout simplement.


Fabiola Badoi