Ouémé

Biokou

Originaire d’une grande famille de forgerons, les Dakpogan de Porto-Novo, il a conservé l’héritage d’une tradition empreinte de la présence du culte vodun. Le métal est la matière première de son travail de sculpteur. Ainsi boulons, vis, ressorts, tiges métalliques et autres ferrailles s’assemblent sous sa main qui leur confère une fonction symbolique.

Simonet Biokou est un magicien du monde. Il refait la vie là où elle s’est arrêtée. Comme ses ancêtres. Il forge soude et modèle le fer un donnant à ses œuvres l’équilibre absolu. Dieu, hommes femmes, animaux, objets, scènes de vie : l’humanité et sa production temporelle sont divinement ressourcées, comme si la magie du vodun béninois, vodun originel, pénétrait chaque œuvre. Par ce recyclage rédempteur, Biokou offre une seconde naissance au métal. Il a forgé une impressionnante série de personnages, grandeur nature, représentant petits métiers, sportifs ou musiciens en tout genre. Ces « fétiches » actuels sont résolument modernes, non seulement par leur matière mais aussi par les sujets : motocy- cliste, joueur de golf, caméraman, etc.

Mais il n’y pas rupture : son œuvre maîtresse, Gunuko; est l’évocation prenante d’une force divine élémentaire, toujours en contact étroit avec le monde des vivants. Entre ciel et terre, homme et nature sont reconciliés.

Souvent exposé en Afrique, en Europe et au Canada, Biokou est le seul sculpteur africain exposé au Musée d’Art contemporain de Liège.


Fabiola Badoi